Pour une optimisation des ressources
Les membres de la Compagnie Riquet constatent que les cloisonnements fractionnent la ville et la vie publique. Sources d’immobilisme, ils génèrent des coûts induits importants. La Compagnie propose une stratégie qui vise à sortir des logiques sectorielles de transports, de localisation des emplois et des quartiers dissociés qui aggravent le coût social, économique et environnemental de la vie métropolitaine.
Dans un contexte de crise économique et financière, 3 axes structurent la réflexion : optimiser les ressources, optimiser les infrastructures et optimiser le foncier.
Optimiser les ressources
En région toulousaine, le mitage par nappes de 15 à 20 hectares provoque un enclavement progressif de toutes les zones, quel qu’en soit le programme : lotissements pavillonnaires, zones d’activités, zones de logements collectifs, universités… Cette répartition provoque l’enclavement des pièces agricoles, de nature, de secteurs ou la ségrégation spatiale accompagne la ségrégation sociale. De plus, le rapport entre le vide et le plein est souvent très introverti.
La Compagnie propose d’inverser une organisation qui tourne le dos aux forêts, à l’agriculture, voire au fleuve, d’inverser cette culture du retournement sur soi ou chaque opération se constitue autour de son propre centre et du peu d’usage de la géographie urbaine.
Optimiser les infrastructures
Le temps passé dans les transports est souvent jugé excessif et improductif. L’inadéquation entre l’infrastructure proposée (voiries ou transports en commun) et l’évolution des besoins est patente : saturation récurrente des parkings Tisseo, quais de la station Jean Jaurès bondés et impraticables, arrêts de bus inadaptés à la hausse de la fréquentation, piètre desserte de la zone Montaudran-Labège, accessibilité problématique de la zone Bordelongue-Oncopole (transports en communs inadaptés et demi-échangeur handicapant, etc.), etc.
Si l’optimisation des infrastructures est indispensable, rendre le temps de transport moins « inutile » garantit l’amélioration du ressenti des usagers.
Optimiser le foncier
En matière foncière, les tensions sont dues à la fois à la pression de la demande et aux limites de l’offre.
La pression de la demande ne se résume pas à la croissance démographique. Elle est en fait le résultat du produit de deux facteurs : l’augmentation du nombre d’habitants et l’augmentation des surfaces moyennes par habitant. Ce deuxième facteur, trop souvent négligé, joue un rôle fondamental : par exemple, de 1984 à 2002, la surface moyenne par habitant est passée de 31 m2 à 37 m2, soit une augmentation de +20% (source : INSEE, Enquête logement). Dans le même temps, la population française a augmenté de +9% (source : INSEE), ce qui signifie que l’augmentation de la demande de surface bâtie est due pour deux tiers à l’augmentation du niveau de vie (plus de m2 par habitant) et pour un tiers à l’augmentation de la population !
Autre conséquence de ce phénomène : la « gentrification » d’un quartier, et donc son attractivité, vont se traduire par une baisse de sa densité, et donc par une baisse du nombre d’habitants.
Le Grenelle de l’Environnement oblige les décideurs publics à revoir leur approche du foncier bâti puisqu’il appelle à une densification des territoires et à une lutte contre l’étalement urbain afin d’assurer une gestion économe des ressources et de l’espace.
Il y a donc lieu de densifier l’existant en développant des espaces mixtes, en s’appuyant sur les axes déjà bien desservis par les transports en commun, en désenclavant certains quartiers pour leur redonner de l’attractivité et en reconvertissant certains espaces sous- ou non-utilisés (friches industrielles ou tertiaires, foncier non encore bâti, …).